jeudi 13 février 2014

ART UP à Lille! Croûtes et petites perles en tout genre.

    Quelle est cette nouvelle foire lilloise d'art contemporain? Il s'agit tout simplement du nouveau nom de Lille Art Fair, qui change de stratégie de communication avec un nom moins orienté ch'ti et une date largement avancée. Ce qui en fait l'une des premières foires de l'année.

Visite en avant première ce jeudi, avec les journalistes et professionnels du milieu.
Art Up c'est 104 galeries et éditeurs internationaux, 26000 visiteurs en 2013.
Certains stands sont encore dans les cartons et les cartels provisoires. C'est probablement le seul moment agréable pour visiter en dehors de la foule, et les galeristes discutent rapidement avec vous pensant que vous allez peut-être citer leur galerie (dommage, je ne prends des notes que pour mon intérêt personnel).

    Petit florilège...
La foire choisit de faire des focus sur des artistes ou collectifs.
Nous retiendrons André-Pierre Arnal, dont le stand de la galerie Convergences me rappelle quelque chose. Y sont exposées des toiles non enchâssées, qui ont été pliées et forment des structures géométriques variables. Il est présenté comme une figure du mouvement Support/Surface.
Sur une table, la revue-poster gratuite d'art contemporain 75gr. Cette revue au format poster propose à chaque édition une carte blanche à un artiste, avec une face où est éditée une œuvre inédite, et l'autre avec des textes représentant l'univers de cet artiste. Pierre-André Arnal a fait l'objet de deux cartes blanches, et l'un des posters est en fait accroché dans mon salon...
Il s'agissait d'une œuvre quasi tautologique (oulà un gros mot), concept cher aux artistes conceptuels: un poster représentant un poster d'une chaise possédant le même pliage que le vrai poster qu'on a dans les mains, posé sur l'objet chaise représentée. Je la refais?
Voilà l'image, mais il manque les plis du poster édité.


 
    Le groupe des YIA fait également l'objet d'une attention particulière au fond de la foire, avec un stand un peu moins commercial, mais on y trouve quand même de la sculpture en néons... A noter la présence du rennais Vincent Mauger.


    La galerie bruxelloise Arielle d'Hauterives s'attache à exposer des plasticiennes uniquement. On ne l'aurait pas forcément deviné à la vue des deux artistes exposées, qui n'ont rien qui transpire spécialement de féminin, et tant mieux. Oxana Taran est ukrainienne et travaille le dessin au stylo bille, essentiellement en trait verticaux. Un travail autour de ses souvenirs et de la ville. Nete Yde Olsen est danoise, et choisit la peinture comme support à ses réflexions autour du symbolisme dans le paysage.

    On passe les croûtes habituelles.
   
    Chez Shine Artists, Hwang Seon-Tae se fait remarquer par des dessins-photos, un mélange de technique qui ne rend rien en reproduction, qu'on ne peut que voir en vrai, tant la profondeur et l'effet produit est troublant.

   
    La galerie Xavier Ronse basée à Mons présente Les peintures de Natacha Mercier, soutenue par la DRAC. Une peinture monochrome, qui laisse entre apercevoir des vanités ou des portraits si l'on prend son temps pour permettre à l'œil un temps d'adaptation. Classique mais sympa.

    Une attention toute particulière pour l'artothèque L'Inventaire, située à Hellemmes. Les personnes présentes se feront sincèrement un plaisir de vous expliquer comment louer de l'art contemporain pour l'exposer chez soi. Des initiatives comme celles-ci connaissent un essor tout particulier ces dernières années, bien que ce concept existe depuis 1981 par l'intermédiaire de l'effort de monsieur Jack Lang. Une cotisation annuelle de 15 à 44 euros est demandée, puis vous payez 10 euros/mois pour une œuvre, ou 20 euros avec option d'achat. Ainsi si vous n'arrivez plus à vous séparer d'une œuvre, vous pouvez en faire l'acquisition!

    Et puis il y avait beaucoup de photographies de qualité, dont je retiendrai Renaud Duval, artiste passé par Le Fresnoy, et basé à La Malterie. La série exposée insiste sur les littoraux du nord de la France et de la Belgique, où l'humain est absent de ces compositions en longue pose et surexposées. Fantômatique et beau.
Série Sealine, 2013


    J'en oublie les galeries lilloises, Lasécu, la Maison de la Photographie ou le jeune Cédric Bacqueville qui sait très bien s'entourer. L'un des rares stands avec une ambiance différente.

    Petit rappel au cas où: ceci est une foire commerciale, qu'il n'y a donc quasiment pas de vidéo et encore moins d'installations. Ne vous attendez pas à voir les œuvres de la décennie.
A l'année prochaine peut-être.


Art Up! du 13 au 16 Février 2014
Entrée: 6-8 euros
Lille Grand Palais

vendredi 24 janvier 2014

3615 Amikal Sonic



Avec les DJs de l'Amikal Crew.
Au Modjo, rue du Marché, 59000 Lille

jeudi 21 novembre 2013

Noémie Goudal, lauréate du prix HSBC 2013

Reservoir, Lightjet Print, 168x206 cm, 2012

    Noémie Goudal est l'une des deux lauréates du Prix HSBC 2013, et a édité son livre "The geometrical determination of the sunrise" cet été. La photographe de 29 ans a eu un regard attentif à la conception de son catalogue monographique. Couverture avec un paysage exotique noir et argentée, à la manière d'un daguerréotype. Présence de lunettes stéréoscopiques, non présentes dans le catalogue de consultation. Mais les schémas d'optique présents dans les premières pages laissaient présager d'une illusion, d'une tromperie.
Noémie Goudal joue avec les perspectives: effet 3D de la stéréoscopie, mise en scène d'un décor dans un autre décor. Le spectateur est sans cesse sur ses gardes pour tenter de percer l'énigme. Une énigme où l'Homme est presque toujours absent de son environnement, qu'il soit constitué de vestiges ou de nature pure.
L'éternelle question de l'Homme face à la Nature est évoqué dans la série Haven her body was. L'espace ci-dessus est travaillé comme une installation, où l'artiste décompose une image imprimée sur plusieurs papiers, qu'elle transfère dans un environnement autre. Le dialogue prend alors la forme d'un nouveau territoire.

Editions Actes Sud, 102 pages, 20 euros

mercredi 20 novembre 2013

" Marzo ", de la Cie Dewey Dell


    Dewey Dell est une formation de quatre jeunes italiens, qui décident de s'unir en 2007 après une expérience à l'école d'expression corporelle Stoa à Cesena.
Marzo, c'est une expérience de 45 minutes, estampillée "performance" et "new generation" sur le site internet du fameux festival NEXT. A première vue, le côté bioman des personnages attire tout de suite. Surtout lorsque vous venez d'acheter un billet pour un opéra de 3h de Jan Fabre, on a envie d'aller expérimenter quelque chose d'opposé!
    Quand on gratte un peu, la référence japonaise est double dans ce projet. Kuro Tanino en est le directeur assistant, et Yûichi Yokoyama le concepteur des costumes. Le premier et un scénariste et directeur artistique de théâtre, le second un auteur de BD hors normes.  La gestuelle et les poses des danseurs sont ainsi imprégnées de cette culture japonaise, les italiens ne semblent qu'être les instruments de cette référence.

    Une sorte de samouraï introduit donc ce spectacle, ainsi qu'une voix japonaise qui parle à la place du danseur, qui ne peut s'exprimer à travers son masque-casque. Ce personnage semble être sur une planète indéterminée, blanche et rugueuse comme la lune. On nous parle de cratère...
Rapidement les autres personnages entrent en scène. Un personnage féminin, et un sportif dans toute sa gloire. S'en suit une histoire d'amour un peu trop basique à trois. Tout cela ponctué des trois bibendum qui font rire dans un premier temps, mais qui s'avèrent les plus intéressants à observer dans la façon dont leurs costumes réagissent à leurs mouvements.
Un scénario un peu trop basique donc. On a parfois le sentiment d'être dans un spectacle pour enfants (même s'il n'y en avait aucun à la représentation au Budascoop). Les quelques interventions de dialogue sont totalement inutiles (le samouraï dit "j'ai mal à la jambe" tandis qu'il boite...). Et la bande son repose un peu trop sur la violence. Du breakcore-speedcore-expérimental pendant 45 minutes était un peu difficile. Il est regrettable d'observer que régulièrement les jeunes compagnies de danse s'extasient sur de la musique ultra bourrin pour signifier la violence...
Intéressant à voir pour l'apéro. Plus pénible en gueule de bois le dimanche après midi.






mardi 29 octobre 2013

" La Ruée vers l'Art " , documentaire de Marianne Lamour


Synopsis:
"l’irruption et la puissance de nouveaux collectionneurs hyper-milliardaires ont bousculé un marché de l’art contemporain jusque-là orchestré par un petit réseau de professionnels. De nouveaux gisements artistiques, de nouveaux artistes à vocation mondiale, des montants financiers démesurés sont les fruits d’une spéculation intense : quels en sont les véritables enjeux ? Qui en sont les acteurs ? Quelle place pour la créativité des artistes ?
De New York à Hong Kong, de Singapour à Miami, de Shanghai à Doha en passant par Bâle et Venise, la réalisatrice Marianne Lamour et les auteures, Danièle Granet et Catherine Lamour, sont parties à la découverte de ce monde en pleine mutation vers une nouvelle société de l’Art globalisé sans en cacher ni les outrances, ni les errements."
Allocine.fr
 
 
 
   Un documentaire qui malheureusement ne tient pas du tout ses promesses. Les auteures sont des journalistes non spécialistes de la question, d'un certain âge. Leur position tout au long du documentaire ne sera que superficiel, enfonçant à longueur de temps des portes ouvertes concernant le marché actuel, pourri par les spéculations des galeries et des nouveaux riches.
Et à côté de cela, la qualité des images est médiocre. On se dit directement en sortant de la salle que les subventions pour ce doc n'ont servi qu'à payer les multiples voyages des journalistes à Venise, Bâle, Miami, Doha, Singapour, Hong Kong, New York etc. D'un plan à l'autre on passe d'une qualité d'image passable à une qualité super pixellisée.
Un documentaire de vulgarisation pour les non initiés, inutile pour les avertis.

dimanche 27 octobre 2013

" Fuzz & Pluck 1 ", de Ted Stearn


    Pour comprendre un peu le bonhomme, Ted Stearn, c'est le storyborder de "Futurama" ou "Beavis & Butthead".
C'est donc tout naturellement que Fuzz et Pluck, respectivement ours en peluche trouillard et coq plumé teigneux, arpentent un monde absurde rempli de personnages tous plus dingos et cruels les uns que les autres.
Fuzz et Pluck se retrouvent esclaves à la suite d'une tentative de passage de frontière à bord d'un caddy trouvé dans une décharge, mais en fait provenant d'une supérette où va se rendre le duo...
Une BD pleine d'humour, qui dépeint une société américaine au paroxysme de sa connerie.
Un volume 2 est également sorti.

Publié chez Cornélius, 20,5 euros

" Culbutes ", de Sammy Harkham


    "Culbutes" est un recueil dont il faut se méfier du nom et de la couverture. Sammy Harkham y dépeint des histoires dépouillées de texte, qui ressemblent à de courts poèmes visuels, profondément tristes et désespérés. Des histoires d'amours inassouvies, perdues, fantastiques, tragiques. Rien de provocant ou vulgaire.

Des spleens en case.


Publié chez Cornélius, 20 euros

"Gravity" de Alfonso Cuarón



    Avec un budget d'environ 100 000 000 $, on s'attend forcément à aller voir un blockbuster. Et c'est le cas. Mais quel film!
L'intro nous parle de l'absence de son dans l'espace et du mouvement perpétuel des objets en apesanteur. Ce sont principalement sur ces deux aspects que repose le réalisme du film, en plus de la qualité des représentations de la terre vue de l'espace.
Ainsi, un docteur et un astronaute subissent l'effet domino d'un incident qui a lieu très loin d'eux, mais dont les débris arrivent jusqu'à eux. Ils se retrouvent éjectés et seuls, Sandra Bullock vrillant à l'infini et vous donnant la nausée. Car le réalisateur choisit ponctuellement de faire ses plans en caméra subjective, dans un va et viens très subtil.
La communication avec la Terre est coupée.
Une course contre la montre s'en suit alors pour tenter de regagner la station spatiale internationale, l'oxygène étant le nerf de la guerre.

Le suspens vous prend tout au long de l'histoire, et ce film m'a rappelé le fabuleux Apollo 13.
Et pour une fois la 3D n'est pas si mal...

jeudi 17 octobre 2013

"Tales of Us", le nouveau Goldfrapp



    Le 6ème album d'Alison Goldfrapp est sorti début Septembre. Et connaissant la bipolarité du groupe, on ne savait pas trop dans quel versant on allait tomber. La folk survolée par la voix chaleureuse d'Alison, ou la pop-électro-disco-dark-kitsch parfois foireuse?
Il y a probablement des adeptes pour chacun de ces styles, mais peut-être pas forcément les deux à la fois.
"Felt Mountain", "Seventh Tree" et maintenant "Tales of Us" sont des albums soft, oniriques, un peu jazzy, essentiellement acoustiques.
"Black Cherry", "Supernature" et "Head First" sont déphasés, synthétiques et rythmés.

La pochette de l'album donne un indice quant à la voie choisie sur cet opus. Très cinématographique grâce à ce noir&blanc et à la sobriété de l'image, le groupe tranche avec les mises en scène farfelues et carnavalesques.

L'ambivalence du groupe aurait mérité de créer deux formations musicales, afin de ne pas trop perdre son public capable de reconnaître entre mille la voix majestueuse d'Alison Goldfrapp. Comme a pu le faire Julia Lanoë pour assouvir ses deux penchants, avec Sexy Sushi et Mansfield Tya.

lundi 9 septembre 2013

" Aventine ", le deuxième album d'Agnes Obel



    La chanteuse danoise nous revient avec un deuxième album intitulé "Aventine", le 30 Septembre 2013. Trois années ont passé après le merveilleux coup d'essai "Philharmonics", encensé unanimement par la presse.
A l'écoute du titre "The Curse", les mélodies de violons nous font toujours autant d'effet, le piano n'étant jamais très loin. Un titre envoûtant, qui donnerait presque envie de revoir le film de Jane Campion "La leçon de Piano" une treizième fois. Le clip noir & blanc suffira.
On reste donc dans l'exacte lignée du premier album. Ensorcelant et mélancolique.

A voir le 30 Novembre au musée de La Piscine à Roubaix.

lundi 2 septembre 2013

"Le Coup du Fantôme", expo de Sun Yuan & Peng Yu à la Gare Saint Sauveur



    Qui dit mois de Septembre dit reprise du boulot. Certes. Mais c'est aussi la rentrée culturelle. Ouf!
Et nous on attend avec impatience l'ouverture de l'exposition "Le Coup du Fantôme", des artistes chinois Sun Yuan & Peng Yu.
Sun c'est lui. Bien baraqué. Peng c'est donc elle, avec son carré très plongeant. Un couple de 40 ans avec une allure d'ados punk... Un duo qui cultive la controverse, et très tendance.
Jérôme Sans, le dandy commissaire de l'exposition, nous les présente avec l'élégance et la coolitude qui le caractérisent. Des artistes qui ont dérangé au Tripostal lors de "La Route de La Soie" en 2010, avec leurs vieillards plus vrais que nature, en fauteuil roulant. Mais ici les œuvres sont moins véhémentes. Les œuvres monumentales impressionnent, mais ne cachent pas leur réflexion sur le monde actuel.
Avec "The Strongest dragon gets across the river", le public est mis à contribution dans un bassin rempli de cubes de mousse qu'il doit traverser. Mais attention à ne pas être pris au piège! Là où l'on voit une œuvre ludique, certains se verront prisonniers de cette installation très physique.
Une autre installation crache un gigantesque rond de fumée, qui au bout de sa course est balayé par une sorte de balai de sorcière.
"Occasionnal awakening" se réveillera de temps à autre pour jeter en direction des spectateurs le surplus d'une pièce que l'on devine à travers un balcon dont on dirait qu'il a toujours existé dans la Gare.
Et d'autres encore...

Et de l'autre côté de notre chère Gare, les photographies des lauréats SFR Jeunes Talents et du concours "Photographie Manipulation", ainsi que le lillois Jim SKWAK qui a redécoré l'Hotel Europa avec ses Maniacs.


Du 6 Sept. au 3 Nov. 2013.
Gratuit.
Du mercredi au dimanche, 12h-19h

dimanche 18 août 2013

M.I.A "Matangi", le nouvel album



"Bring the Noize" est le nouveau single issu du quatrième album à venir de M.I.A : Matangi. Initialement prévu en avril 2013, il sortira normalement le 5 novembre sur le label Interscope.
Le single est produit par Switch (Diplo) et Surkin, les deux trublions de l'électro actuelle.

lundi 17 juin 2013

Expo "La Ligne d'ombre", Espace Croisé à Roubaix



  Eric Deneuville et Mo Gourmelon nous présentent leur nouvelle exposition de l’Espace croisé à Roubaix. Les deux compères nous proposent une visite dans la ligne de mire de la jeune scène contemporaine. L’art vidéo y est à l’honneur dans la pénombre du centre d’art. Exposition organisée sous forme d’alcôves qui ne sont pas sans rappeler les box d’artistes.

Perso : Je conseil, c’est l’occasion de découvrir la jeune scène contemporaine pour la plupart encore en école (Beaux-arts, Fresnoy, …) et de se plonger dans l’univers de la vidéo contemporaine. Il est agréable de pouvoir se poser dans un lieu calme qui n’est pas pour une fois saturé de visiteurs.

Franck Pouchenaud.

mardi 11 juin 2013

"Q" de Mrzyk et Moriceau


Le 23 Mai est sorti le 7ème volet de BD CUL, aux éditions Les Requins Marteaux, 12 euros.
Un duo d'artistes connus pour leur collaborations avec Sébastien Tellier, Breakbot, Air ou Katerine...
La particularité de leur travail: un dessin presque toujours en noir & blanc, dans une veine absurde, sexuelle et surréaliste.
L'un de leur projet, 1000 dessins, ici.

Franz Ferdinand promet un été endiablé avec "Right Thoughts, Right Words, Right Action"


  Tombée dessus par hasard à la radio et reconnaissant dès les premières secondes LE style des Franz, le groupe devrait sortir son nouvel opus aux alentours du 26 Août 2013.

"Right Action"


La suite en écoute par ici.